Le mécanisme de l’influence (2/4) : l’autorité



L'autorité est le droit de commander ou d'être écouté

L'autorité est le droit de commander ou d'être écouté

L’autorité reconnue est le pouvoir d’influence de quelques uns sur leur communauté. Elle est indissociable des croyances collectives qui ont cours dans le groupe.

Autorité et influence
L’autorité [en anglais, authority] est un droit accordé par l’ensemble du groupe à quelques uns de ses membres. Ces derniers voient leurs capacités, leurs connaissances et / ou leurs compétences reconnues collectivement par le groupe. Ils acquièrent de la légitimité (droit de commander) et / ou de la crédibilité (droit d’être une référence écoutée dont l’avis est respecté). Leurs qualités sont jugées, jaugées collectivement à l’aulne des critères choisis en fonction des croyances collectives profondément ancrées au sein de la communauté.

Une personne a de l’autorité lorsque les autres lui reconnaissent le droit de commander ou bien lorsque son avis est écouté et respecté par un grand nombre de personnes au sein d’une communauté, dans la société tout entière, ou dans la Nation, ou au-delà… A l’instar d’un individu, une institution, une organisation, une société, une marque peuvent aussi se voir reconnaître ce statut et être ainsi dotés d’un très fort pouvoir d’influence.

L’autorité d’une marque :
Les grandes marques sont si omniprésentes qu’elles hantent notre cartographie mentale, même si nous conservons notre esprit critique. C’est là toute leur force. Autrement dit, selon les croyances collectives en cours dans leur communauté, elles sont devenues des références incontournables: soit des modèles à suivre (pour les uns), soit des contre modèles (pour les autres).

Un autre exemple d’autorité : l’autorité scientifique
L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) fait appel à des experts, des scientifiques censés faire autorité. En 2009, les spécialistes des virus se sont lourdement trompés sur la grippe A H1N1. Pourtant aucun média n’a songé à les critiquer, personne n’a mis en doute leurs compétences. On constate que leur pouvoir d’influence est important… et la croyance collective selon laquelle ils méritent, malgré tout, notre confiance… est toujours vivace.

L’autorité des tyrans
Le mécanisme de l’influence n’est pas l’apanage des démocraties et du « soft power ». Dans un régime dictatorial, le tyran aussi s’exerce à la lutte d’influence. La coercition seule ne peut suffire à conserver le pouvoir. La force et la coercition n’aboutissent qu’à la guerre civile permanente et au chaos. Pour rétablir l’ordre et pour conserver son pouvoir, le tyran fait en sorte que sa capacité de coercition soit reconnue par tous. Il influe directement sur la croyance collective par la force, l’intimidation et la terreur. Il ne cherche pas à convaincre qu’il a raison. Il cherche seulement à renforcer la croyance selon laquelle il est puissant (visant à décourager toute tentative de putch) et que ce serait pire encore pour les cadres du régime si ce dernier venait à être renversé, incitant ceux-ci à le faire perdurer.

Article proposé et republié en exclusivité sur ILikePM.com par Bénédicte Kibler depuis son blog



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