Le mécanisme de l’influence (3/4) : les croyances collectives



Pressentir l'évolution des croyances collectives

Pressentir l'évolution des croyances collectives

Comment et pourquoi le groupe reconnaît une autorité à certains de ses membres ?

Le groupe donne sa confiance à ceux qui correspondent à ses représentations imaginaires.
Il y a dans l’esprit des gens, une image abstraite de l’autorité. Il suffit de l’incarner, c’est-à-dire de la donner à voir sous une forme concrète et bien vivante. Autrement dit, vous rassurez votre interlocuteur si vous lui présentez une image conforme à l’idée qu’il se fait de la fonction que vous visez ou que vous occupez. Ce qui revient à respecter les croyances et les imaginaires collectifs. Qu’il s’agisse d’un emploi, d’un mandat politique, ou d’une autre fonction sociale, les capacités de la personne à appréhender le réel et les faits (compétences techniques, rationnelles) comptent moins que ses aptitudes à gérer les représentations collectives.

Si dans sa représentation imaginaire, un groupe croit en l’importance de certains diplômes qu’il considère comme prestigieux, alors il choisira pour le diriger les détenteurs de ces diplômes. Et de fait, l’université qui délivre ces diplômes exercera une influence importante au sein du groupe. Son système de valeurs et ses critères sont ceux du groupe. Donc ce système fonctionne en cohérence avec lui-même si bien qu’il n’est jamais questionné par ceux qui en font partie….

Le groupe a besoin d’être rassuré.
Les gens veulent s’assurer que la confiance qu’ils accordent à certaines personnes n’est pas usurpée. Comme ils n’ont aucun moyen de le vérifier rationnellement, ils se fient à leurs représentations collectives jamais mises en doute. La boucle est bouclée. Tout est cohérent dans leur esprit. Il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter.

Dans un univers de fausses croyances, la compétence du leader est de gérer ces représentations erronées et non d’éclairer les membres du groupe. Si vous vous représentez dans votre esprit l’image d’un leader pédagogue éclairant les masses, alors vous voterez pour le candidat qui incarnera cette image. Mais dans les faits, puisqu’il est impossible d’approcher cette personne et de la connaître, vous votez pour une image, non pour une personne.

La confiance collective va à ceux qui confortent le groupe dans ses croyances
Le doute provoque un inconfort psychologique. Tout discours qui va à l’encontre des croyances collectives crée de la dissonance cognitive et donc de la méfiance. A partir de ce moment, la confiance disparaît et l’influence n’est plus possible.

Imaginons un scientifique qui découvre une réalité qui va à l’encontre descroyances collectives. Il provoque de la méfiance et personne n’adhèrera à ses théories. Donc il n’aura aucune influence sur ce groupe, alors qu’il a peut-être raison. Si, comme Galilée, il découvre une réalité que le groupe n’est pas prêt à accepter, il va au devant d’une marginalisation sociale. De nos jours, il sera considéré au mieux comme un farfelu, au pire comme un charlatan… Mais de toute façon, il aura beaucoup de difficultés à trouver des financements pour poursuivre ses recherches…

La confiance et l’autorité sont intrinsèquement liées aux représentations et aux croyances collectives. En satisfaisant les critères requis par la croyance collective, et en confortant le groupe dans ses croyances, une minorité exerce une influence déterminante.

Article proposé et republié en exclusivité sur ILikePM.com par Bénédicte Kibler depuis son blog



Pour aller plus loin

  1. Le mécanisme de l’influence (2/4) : l’autorité

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

* Copier ce code dans le champs suivant (protection contre le spam) :

* Coller le code dans ce champs :