E-réputation : miroir pour narcissiques ou nécessité vitale ?



Google annonce la mort de l'anonymat

Google annonce la mort de l'anonymat

Avec l’essor que connait le concept d’e-réputation, il devient légitime de se demander s’il s’agit d’une lubie de narcissique ou bien si étudier, corriger et optimiser sa réputation sur le Web est devenue une réelle nécessité pour ne pas mettre en danger son business.

Selon Wikipedia, « le narcissisme désigne l’amour de soi ou l’importance excessive accordée à l’image de soi ». Etonnant de constater à quel point cette définition s’approche du comportement de certains clients à la recherche d’une étude sur leur e-réputation (c’est du vécu !).

Pourtant, après l’annonce d’Eric Schmidt, PDG de Google, selon laquelle Internet doit évoluer rapidement pour supprimer l’anonymat  afin que notre vie privée soit exposée à tous et notamment aux gouvernements, il devient urgent de s’interroger sur notre identité numérique.

Alors, l’e-réputation est-elle seulement une préoccupation pour narcissiques, ou bien est-ce celle d’individus ayant pris conscience de l’importance de cette nouvelle face de leur identité ?

Pourquoi faut-il se préoccuper de son identité numérique ?

Le PDG de Google, lors de la conférénce Techonomy à Lake Tahoe, a tenu ce discours inquiétant :

« Si je regarde suffisamment vos messages et votre localisation, et que j’utilise une intelligence artificielle, je peux prévoir où vous allez vous rendre. Montrez-nous 14 photos de vous et nous pourrons vous identifier. Vous pensez qu’il n’y a pas quatorze photos différentes de vous sur Internet ? Il y en a plein sur Facebook! »

Evidemment, on peut se dire que nous n’avons « rien à cacher » sous prétexte que nous ne sommes pas à la tête d’une organisation criminelle. Toutefois, depuis l’essor du Web 2.0 (l’Internet participatif et communautaire), les données personnelles des internautes ont tendues à se retrouver en ligne que ce soit volontairement (les photos d’un barbecue entre amis sur un site de partage) ou involontairement (les photos de Laure Manaudou nue relayées sur une nuée de blogs, …).

Voici une infographie dans laquelle nous avons tenté, à partir d’une réflexion de Frédéric Cavazza, de recenser une partie des services qui stockent des informations que vous pouvez laisser volontairement :

Cliquez pour agrandir

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Cette infographie a pour but de vous sensibiliser sur la quantité d’informations qui sont disponibles sur divers sites Internet.

Votre identité numérique se décompose donc en 12 blocs fondamentaux :

  1. Expression : ce que vous dites (opinions politiques, réactions sur des faits d’actualité, …)
  2. Publication : ce que vous partagez (vidéos de soirées, premiers pas de danse, photos de vacances, …)
  3. Musique : ce que vous écoutez (playlists partagées, styles musicaux, …)
  4. Profession : ce que vous faites (employeur, bureaux, horaires, …)
  5. Avis : ce que vous appréciez (avis sur des produits achetés, questions sur des envies d’achat, …)
  6. Réputation : ce qui se dit sur vous (ressentis d’internautes sur des forums, avis d’acheteurs/vendeurs sur des sites de petites annonces, …)
  7. Hobbies : ce qui vous passionne (occupations de vos soirées et week-ends, voyages, …)
  8. Consommation : ce que vous achetez (types de produits, services, …)
  9. Connaissance : ce que vous savez (vos sources d’informations, vos sources d’influence, …)
  10. Coordonnées : comment et où vous joindre (vous retrouver dans la vie réelle, …)
  11. Certificats : ce qui atteste de votre identité (mise en relation entre votre identité numérique et de votre identité réelle, …)
  12. Audience : qui vous connaissez (relations amoureuses, amis, connaissances, fans, …)

Il devient alors évident qu’avec une telle quantité d’informations, un certain nombre d’individus ont compris l’importance de l’e-réputation. Cette prise de conscience est corroborée par les constats suivants :

  • De nombreux sites mentionnés sur l’infographie ci-dessus sont détenus par un seul et même major (Google, Microsoft, Ebay, …) ;
  • Le marché du Web collaboratif se consolide depuis plusieurs années pour donner naissance à de véritables géants valorisant les données des entreprises rachetées ;
  • Des majors (comme Google par exemple) mentionnent de plus en plus clairement la mort annoncée de l’anonymat sur Internet.

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Les 7 qualités d'un leader

Les 7 qualités d'un leader

Quelles conséquences pour des leaders (ou ceux qui veulent le devenir…) ?

Selon le site Hauts Potentiels, les 7 qualités d’un leader sont les suivantes:

  1. Capacité à développer et conseiller ses collaborateurs,
  2. Facilité à encourager la performance de son équipe,
  3. Faculté d’inspirer confiance et de fidéliser ses subordonnés,
  4. Bonne gestion de son travail,
  5. Maîtrise des partenariats,
  6. Possibilité d’influencer ses collaborateurs à agir,
  7. Capacité à sélectionner les talents dans son équipe.

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Chacune de ces qualités nécessaires (mais non suffisantes) peut être mise en défaut avec les données qui peuvent être récoltées sur Internet. Par exemple, comment prétendre bien maîtriser ses partenariats quand vos évaluations de vendeur sur Ebay sont médiocres ? Comment croire en la capacité à inspirer confiance et à fidéliser ses subordonnés quand on découvre que vos anciens collaborateurs mentionnent vos bourdes ? Et comment prétendre correctement gérer votre travail si vous avez un blog qui n’est plus tenu à jour depuis plusieurs mois ?

F. Lefebvre au micro de BFM TV

Lefebvre au micro de BFM TV

Il est donc clair que « travailler » son e-réputation est une nécessité tant l’on sait à quel point un buzz peut être déstructeur pour une image de marque, y compris s’il s’agit d’une personne physique : il s’agit du concept de bad buzz.

Prenons l’exemple de Frédérique Lefebvre, alors député et porte-parole de l’UMP préssenti pour devenir le futur Secrétaire d’Etat à l’Economie Numérique, qui, le 5 janvier 2009, est interviewé par Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV. A la question « qu’est-ce que le Web 2.0 ? », il n’a su répondre que « Le Web 2.0, c’est euh… tout simplement… l’internet d’aujourd’hui… c’est-à-dire… le… le… ». Tolé général sur le Web et quelques jours après ce bad buzz, le poste tant espéré est attribué à Nathalie Kosciusko-Morizet.

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Alors, l’e-réputation : bad buzz ou bad mood ?

Avec l’arrivée du Web 2.0, les rapports de force ont été bouleversés et ne peuvent désormais plus être ignorés. Ce qui aurait pu être perçu, il y a quelques années, pour du narcissisme ou de la mégalomanie, est à présent devenu une nécessité pour conserver une « présomption d’innonce identitaire » : un individu a le droit de faire ses preuves professionnellement indépendemment de sa vie privée et de racheter ses erreurs professionnelles passées par de nouvelles actions probantes.

« Votre marque personnelle, c’est tout simplement l’idée claire, forte et positive qui vient immédiatement à l’esprit des personnes qui vous connaissent quand elles pensent à vous. »
Peter Montoya, co-concepteur du Personal Branding



Pour aller plus loin

  1. 5 étapes pour se refaire une e-réputation (ou "identité numérique")

Une réflexion au sujet de « E-réputation : miroir pour narcissiques ou nécessité vitale ? »

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