La communication : arme de dissuasion massive pour l’OTAN ?



L'OTAN : opération dissuasion

L'OTAN : opération dissuasion

On constate depuis quelques années que l’OTAN a considérablement investi dans la communication à destination du grand public notamment en ouvrant, au mois de février dernier, ses archives déclassifiées couvrant la période 1949-1959 (disponibles ici).

Dernière initiative en date, « Les Chroniques de l’OTAN » sont une démonstration supplémentaire de son savoir-faire numérique. Ce site propose aux internautes de les emmener « à la rencontre de ceux, civils ou militaires, qui tentent, au sein de l’Alliance, de rendre ce monde plus sûr. Des témoignages filmés à hauteur d’hommes, au quotidien, loin des clichés et des à priori, qui dressent un portrait sensible de l’OTAN, de ses missions et de ses engagements« .

Alors pourquoi un tel effort de communication ? Il serait naïf d’imaginer qu’un tel investissement (humain, financier et politique) ne serve qu’un simple objectif de promotion de la branche Ressources Humaines de cette Organisation mondiale. Alors laissons aller notre esprit critique à ces quelques tribulations :

Et si l’OTAN souhaitait réaffirmer et promouvoir sa capacité de déploiement pour ne pas refaire les erreurs du passé (SDN)

Le 23 juin 1936, à la suite de l’échec total des efforts de la Société Des Nations (SDN) pour empêcher l’Italie de déclencher une guerre de conquête en Abyssinie, Stanley Baldwin, alors Premier Ministre du Royaume-Uni, déclara que la chose suivante à propos de la sécurité collective :

« [Ce] fut un échec total en raison de l’hésitation de presque toutes les nations européennes de procéder à ce que je pourrais appeler des sanctions militaires… [La] raison réelle, ou principale, fut que nous avons découvert au cours des semaines passées qu’il n’y avait aucun pays, excepté l’agresseur, qui était prêt pour la guerre… Si l’action collective doit être une réalité et pas uniquement un concept, elle signifie non seulement que chaque pays doit être prêt pour la guerre, mais également doit être prêt à la faire immédiatement. C’est une chose terrible, mais c’est une part essentielle de la sécurité collective« .

Ce constat fut d’ailleurs repris et intégré pour la formation de l’OTAN qui succéda à la SDN dans l’un de ses rôles (garantie de la sécurité de l’Europe de l’ouest).

Ouvrage de référence

Ouvrage de référence

Or, on sait que l’une des stratégies que l’on peut mettre en oeuvre pour éviter le conflit ouvert avec un ennemi est la dissuasion (je vous renvoie à L’Art de la Guerre de Sun Tzu, ouvrage de référence à lire et à relire ! Un article y sera d’ailleurs bientôt consacré sur I Like PM). Ainsi, prenant en compte les erreurs du passé et notamment celle de la SDN qui, paralysée par l’hésitation et son incapacité à orchestrer des sanctions immédiatement, l’OTAN communique.

De la même manière qu’une communication est perçue à plus de 50% par des éléments non verbaux (cf. notre article  »Les couleurs : outil de perception management pour les entreprises« ), une entreprise ou une organisation se doit de mettre en scène ses compétences et ses moyens. Alors s’agit-il d’un coup de semonce à l’égard de pays récalcitrants, comme pour rappeler la puissance, l’organisation et la capacité à agir à très court termes ? Peut-être… quoi qu’il en soit, l’OTAN prouve qu’avec cette campagne de communication, son influence se voit renforcée par son gain en termes d’attractivité vis-à-vis de l’opinion publique.



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